
Itso a pris ses distances avec ses parents jusqu'au jour où il secourt une famille turque, agressée par un groupe de néo-nazis. Parmi eux, se trouve son jeune frère Georgi, qui participe depuis peu à des ratonnades. En se rapprochant de Georgi et de la jolie Turque qu'il a sauvée, le tourmenté Itso entreprend un cheminement intérieur qui pourrait l'entraîner vers la voie du salut.

Premier long-métrage du réalisateur bulgare Kamen Kalev, Eastern Plays possède ce mélange de désenchantement et de romantisme propre à l'adolescence, dont il saisit magistralement à l'écran le mal-être profond. Prenant ses racines dans une réalité brutale et peu reluisante, celle d'une jeunesse bulgare fragile, ce récit envoûtant dégage au fil des plans une sensualité paradoxale, qu'incarnent à merveille les personnages d'Itso et de Georgi, campés avec force par les comédiens Christo Christov et Ovanes Torosian. Mais la dimension désenchantée de cette histoire douloureuse cohabite ici sans cesse avec une part lumineuse, qui trouve son ancrage dans une salvatrice parenthèse amoureuse à laquelle la sublime Saadet Isil Aksoy apporte son charme envoûtant. En signant cette immersion hypnotique dans les bas-fonds d'une capitale contaminée par la violence et par le spleen, le metteur en scène Kamen Kalev livre un conte humaniste sublime ainsi qu'un authentique tour de force dont l'universalité touchante ne pourra laisser aucun spectateur indifférent. A voir d'urgence.