
Tony le stéphanois vient de sortir de prison. Usé et encore meurtri par la trahison de son ancienne maîtresse, il se laisse convaincre de réaliser le cambriolage d'une bijouterie en plein Paris. Obéissant à un code d'honneur strict (pas d'armes donc pas de meurtres), l'opération est un beau succès, malheureusement vite entachée par la maladresse de l'un des associés qui met involontairement au parfum une bande rivale. Cette dernière va tout faire pour récupérer le butin.

Long métrage étalon du polar, cette perle du film noir signée Jules Dassin continue, 50 ans après sa sortie, de hanter les esprits cinéphiles avec une rare prégnance. Modèle d'efficacité et de virtuosité, Du rififi chez les hommes s'illustre en premier lieu par son incroyable séquence de cambriolage. Un véritable tour de force cinématographique dans lequel Jules Dassin se révèle un cinéaste maître de ses effets à l'extrême, jouant avec les nerfs des spectateurs à la manière du maestro Hitchcock, s'autorisant même au passage quelques effets d'une audace folle. Rehaussé par la prestation ad hoc de son casting très viril, Jean Servais, Robert Manuel et le jeune Robert Hossein, rythmé par la gouaille toute parisienne des dialogues d'Auguste le Breton, le film emporte ainsi tout sur son passage annonçant, à travers ses innovations discrètes, la Nouvelle Vague avec cinq ans d'avance. Un chef d'oeuvre du genre.