
Comme tous les matins, François Echeveria - huissier de son état - aurait dû pouvoir opérer sa saisie du jour dans cette cité de banlieue, puis tranquillement rentrer dans son nid douillet. Mais ce jour d'anniversaire du 11 septembre, le destin en a décidé autrement, mettant sur sa route un père démuni et son agité de fils qui le prennent en otage. Trois hommes bloqués pendant 24 heures au septième étage d'une tour HLM bientôt cernée par les agents du GIGN qui les prennent pour des terroristes. Trois hommes qui se combattent à l'intérieur d'un appartement, mais seront bientôt condamnés à se comprendre, à s'apprivoiser et à s'entendre...

Premier long métrage du réalisateur et scénariste Angelo Cianci, Dernier étage gauche gauche est un hilarant huis clos dénonçant avec humour l'absurdité et les travers d'une société française favorisant l'exclusion. Délire ubuesque poussé à son paroxysme, cette savoureuse fable sociale prend logiquement place au coeur de la banlieue, incarnation même d'une ségrégation devenue au fil des ans l'objet des fantasmes politiques que l'on connaît. Rythmé en diable, ce huis clos bénéficie d'un scénario savoureusement absurde et d'une galerie de personnages attachants, campés avec talent par les comédiens Hippolyte Girardot, Aymen Saïdi et l'humoriste Mohamed Fellag. Emmenée avec énergie par ce casting réjouissant, cette comédie encourageant la tolérance et le vivre ensemble n'assène cependant aucun discours ni dialogues édifiants, préférant s'appuyer sur la justesse d'une situation tragi-comique enlevée et sur sa mise en scène inventive pour distiller un humanisme salutaire. Une comédie engagée, sans complaisance ni manichéisme, et franchement réussie.