
Bagdad, été 2004. Il reste à peine une quarantaine de jours de mission au bataillon de l'armée américaine Bravo lorsque son démineur est tué dans une explosion commanditée par des rebelles. Il est aussitôt remplacé par le sergent William James, un s'en-fout-la-mort solitaire et surdoué. De fait, celui-ci est si ouvertement hostile au protocole et aux mesures de sécurité que Sanborn, qui compose son commando spécial avec le jeune lieutenant Eldridge, à l'équilibre psychologique fragile, en sont grandement perturbés. De jours en jours toutefois, de mines antipersonnel neutralisées en bombes artisanales désamorcées, les liens se soudent entre les trois hommes.

Pression, combustion, explosion... voilà à quoi la cinéaste la plus hardie d'Hollywood carbure depuis maintenant vingt ans. Depuis ses débuts et le cultissime long métrage Point Break, Kathryn Bigelow n'a eu en effet de cesse de mettre en scène à l'écran des hommes totalement accros au danger. La réalisatrice, qui aime repousser les limites, nous plonge ici dans le vif du sujet, montrant la guerre comme une drogue. Bravant les non-dits, Kathryn Bigelow tend ainsi un miroir révélateur au spectateur : qu'attend-il d'un film de guerre sinon une représentation graphique de la mort ? Résultat, suspense insoutenable pour un film tendu à l'extrême récompensé par six Oscars dont ceux du Meilleur film et du Meilleur réalisateur.