
Vous avez besoin d'un permis de construire ? Vous êtes seul un soir ? Appelez la bienfaitrice nationale, Mme Aldjéria : elle vous arrange ça. Celle qui s'est donné le nom du pays ne recule devant aucune combine pour survivre dans l'Algérie d'aujourd'hui. Pour peu qu'elles soient jolies et peu scrupuleuses, ses recrues peuvent faire carrière. La dernière, Paloma, fait grand effet, en particulier sur Riyad, le fils de Mme Aldjéria. Le rachat des Thermes de Caracalla, le rêve qui devait permettre au clan d'Aldjéria de changer de vie, sera l'affaire de trop...

Avec Délice Paloma, le cinéaste Nadir Moknèche poursuit sa chronique de l'Algérie contemporaine, entamée avec Le Harem de Mme Osmane et Viva Laldjérie. Pour la troisième fois consécutive, il dirige son actrice fétiche Biyouna, véritable icône populaire en Algérie, qui incarne ici une chef de bande un peu trop entrepreneuse. A travers l'histoire de cette femme en quête d'ascension sociale dans un pays en pleine mutation, Nadir Moknèche s'interroge sur le devenir d'une Algérie corrompue se débattant difficilement face à la mondialisation dans un film attachant, empli de quiétude et de poésie.