
Dans un New York en ébullition, l'ère du capitalisme touche à sa fin. Eric Packer, golden boy de la haute finance, s'engouffre dans sa limousine blanche. Alors que la visite du président des Etats-Unis paralyse Manhattan, Eric Packer n'a qu'une seule obsession : une coupe de cheveux chez son coiffeur à l'autre bout de la ville. Au fur et à mesure de la journée, le chaos s'installe, et il assiste, impuissant, à l'effondrement de son empire. Il est aussi certain qu'on va l'assassiner. Quand ? Où ? Il s'apprête à vivre les 24 heures les plus importantes de sa vie.

Adaptant un roman culte de l'auteur américain Don Dellilo, le réalisateur canadien passionné par l'étrange David Cronenberg retrouve sa verve bizarre et provocante avec ce film fou. Ce nouveau coup de poing signé de l'auteur de Scanners rassurera les fans du maître qui pensaient que celui-ci s'était définitivement assagi, voire assoupi, avec le costumé A Dangerous Method. Tendu, drôle et aventureux, Cosmopolis ne perd pas son temps pour nous plonger dans un climat de paranoïa et de tension pré-apocalyptique extrêmes. Cette histoire est avant tout celle d'un monde qui s'effondre et nous, spectateurs, sommes invités par le truchement d'un dispositif narratif audacieux à assister au désastre depuis la limousine d'un jeune multimillionnaire aux costumes impeccables. Interprète idéal pour ce personnage insaisissable et sur-intelligent, le comédien Robert Pattinson glisse ici avec une grâce surprenante de son rôle de vampire sexy de Twilight à la poésie complexe de la langue de Dellilo. Dirigé et manipulé par ce diable de Cronenberg, le chéri des adolescentes porte avec une audace admirable le film, révélant ainsi un magnétisme proche de celui d'un James Dean. Visage séduisant du capitalisme financier qui joue avec les chiffres et les flux avec la désinvolture d'un adolescent sur sa Playstation, il révèle toute l'absurdité d'un système mortifère et vain. Visionnaire et glaçant.