
Un réalisateur de films intransigeant, John Wilson, s'apprête à tourner une superproduction en Afrique. Il est peu à peu captivé par un autre projet : celui de partir à la chasse à l'éléphant... En 1951, Peter Viertel, romancier, accompagne John Huston en Afrique sur le tournage d'African Queen. Il en tire un ouvrage, « Chasseur blanc, coeur noir » qui, déclare-t-il, « ne traite pas d'African Queen ». C'est le portrait d'un réalisateur en proie à une obsession envahissante qui, pour lui, passe avant tout. Une obsession dont le prix sera exorbitant...

Directement inspiré du roman éponyme de l'écrivain Peter Viertel, relatant les préparatifs du tournage d'African Queen de John Huston, ce 14e long métrage du cinéaste Clint Eastwood nous transporte en pleine brousse pour une éblouissante mise en abyme. Réalisé entre ses deux films Bird et La Relève, Chasseur blanc, coeur noir est en effet une oeuvre éminemment iconoclaste, qui dresse l'autoportrait à peine voilé d'un cinéaste tiraillé entre ses velléités artistiques et les contraintes de l'industrie cinématographique. Bien plus qu'un long métrage sur les coulisses d'un autre film, ou qu'un hommage rendu à l'immense auteur du Vent de la plaine, Chasseur blanc, coeur noir livre ainsi, sous couvert d'une haletante odyssée africaine, une illustration parfaite du dilemme auquel sera confronté le réalisateur Clint Eastwood tout au long de sa carrière. Clint Eastwood qui, habité par son interprétation impeccable du légendaire John Huston, se met ici en scène aux côtés des acteurs Jeff Fahey, Marisa Berenson et George Dzundza. Profond et drôle, simple et direct, ce portrait tout en nuances d'un artiste tourmenté constitue sans nul doute l'un des meilleurs films du grand Clint. À voir toutes affaires cessantes.