
Martin Ward et David Bouchard ne pourraient être plus différents: l'un parle anglais et vient de Toronto, l'autre parle français et est originaire de Montréal; l'un est soigné, l'autre, un désastre; l'un obéit à la loi, l'autre fait la sienne. La seule chose qu'ils ont en commun, c'est qu'ils sont tous les deux policiers mais avec des styles bien différents. Quand ils seront forcés de travailler ensemble sur un cas dont la juridiction géographique est aussi nébuleuse que les mystérieuses motivations de l'auteur du crime, leurs différences vont à la fois mettre en péril l'investigation et apporter la complémentarité nécessaire pour résoudre l'enquête et sauver les meubles.

Enorme succès au box-office canadien, ce long métrage du réalisateur québécois Érik Canuel dresse un portrait hilarant des relations entre canadiens anglophones et francophones. Filmé comme un blockbuster hollywoodien, avec les codes d'une enquête policière à rebondissements, Bon cop, bad cop a cependant tout d'une comédie, relevant autant qu'il les met à mal les nombreux préjugés entre ces communautés. On l'aura compris, le procédé est ici le même que dans tout bon buddy movie américain, et c'est un vrai régal de regarder ce couple improbable composé des comédiens Patrick Huard et Colm Feore, s'engueuler à l'écran pour mieux se réconcilier. Etude de moeurs teintée de dérision affectueuse, Bon cop bad cop aligne les répliques cultes et les gags en cascades, parachevant ainsi une initiation totalement réussie à l'argot et aux coutumes locales.