
Hae-won est une jolie trentenaire célibataire. Contrainte à partir en congés, elle se rend à Moodo, une petite île sur laquelle elle passait ses vacances étant plus jeune. Elle y retrouve Bok-nam, son amie d'enfance, soumise à la volonté tyrannique de ses habitants et à des humiliations quotidiennes. Bok-nam supplie Hae-won de l'aider à s'échapper, mais celle-ci refuse de s'impliquer dans une situation qui s'apprête à basculer dans l'horreur.

Grand Prix de l'édition 2011 du Festival du film de Gérardmer, Blood Island est une surprenante petite merveille du cinéma. Mélangeant allègrement thriller, drame psychologique et comédie avant de se conclure dans l'horreur la plus absolue, ce long métrage du réalisateur coréen Jang Cheol-soo navigue à ravir à la croisée des genres pour distiller au fil de sa réalisation un suspens proprement insoutenable. Mais loin d'une certaine gratuité qui caractérise parfois le genre, cette atmosphère oppressante et cette violence qui monte crescendo servent ici parfaitement le propos du cinéaste qui dresse en creux le portrait d'une société coréenne excessivement individualiste et dramatiquement machiste. Porté de bout en bout par l'interprétation saisissante de ses comédiens Seo Young-hee, Ji Seo Sung-won et Hwang Min-ho, Blood Island nous convie sans ménagement à une authentique descente aux enfers et livre comme un coup de poing en plein visage son salutaire message féministe. Un film hors-normes.