
Nina est ballerine au sein du très prestigieux New York City Ballet. Sa vie, comme celle de toutes ses consoeurs, est entièrement vouée à la danse. Lorsque Thomas Leroy, le directeur artistique de la troupe, décide de remplacer la danseuse étoile Beth Mcintyre pour leur nouveau spectacle, « Le Lac des Cygnes », son choix s'oriente vers Nina. Mais une nouvelle arrivante, Lily, l'impressionne également beaucoup. « Le Lac des Cygnes » exige une danseuse capable de jouer le Cygne blanc dans toute son innocence et sa grâce, et le Cygne noir, qui symbolise la ruse et la sensualité. Nina est parfaite pour danser le Cygne blanc, Lily pour le Cygne noir....

Après le long métrage The Westler, le cinéaste Darren Aronofsky signe ce récit parallèle continuant de filer, cette fois dans l'univers de la danse, sa saisissante métaphore du métier d'acteur. Comme le gladiateur Mickey Rourke, la ballerine Natalie Portman se consume ici corps et âme par amour de l'art en s'égarant, à l'instar des spectateurs, entre réalité et fantasme, dans les méandres d'une mise en scène aussi classieuse que dérangeante. Des Chaussons rouges de Michael Powell, classique du film de ballet, à La Mouche de David Cronenberg, le réalisateur Darren Aronofsky mêle ainsi efficacement à l'écran emprunts et références pour mieux chorégraphier un authentique cauchemar horrifique d'une cohérence indéniable. Porté par la performance, sans cesse sur le fil du rasoir, des comédiens Vincent Cassel, Mila Kunis et de l'oscarisée Natalie Portman, le metteur en scène entre ici brillement dans la tête de son héroïne pour mieux nous faire partager une quête de la perfection, jamais très loin du cauchemar ou de la schizophrénie. Dévoilant avec force les artifices du métier d'acteur et la rudesse de l'envers du décor, Black Swan s'impose pourtant avec une grâce infinie comme un authentique électrochoc cinématographique et sensoriel. Un ballet envoûtant et tragique.