
Woodrow et Aiden, deux amis un peu perdus et qui ne croient plus en rien, concentrent leur énergie à la confection d'un lance-flammes et d'une voiture de guerre, qu'ils nomment "la Medusa". Ils sont persuadés que l'apocalypse est proche, et s'arment pour réaliser leur fantasme de domination d'un monde en ruine. Jusqu'à ce que Woodrow rencontre une fille... Ce qui va changer le cours de leur histoire, pour le meilleur et pour le pire.

Acclamé au festival de Sundance en 2011 et précédé d'une réputation plus que flatteuse, Bellflower est la première oeuvre d'un réalisateur nommé Evan Glodell. Cet inconnu est visiblement un homme à suivre si l'on s'en tient la force visuelle et scénaristique de ce coup d'essai qui flirte avec le coup de maître. D'une histoire d'adolescents attardés férus de bricolage et de science-fiction, il tire une fiction d'apprentissage dont on ne sait si elle est un divertissement spectaculaire ou une parabole nihiliste. Dans une atmosphère comme jaunie par un feu infernal, les deux protagonistes semblent chercher à tuer le temps, donc stopper leur inéluctable vieillissement, à coups de lance-flammes faits maison ou de bolides hyper tunés. Ces délires régressifs mis en image avec une vraie science du rythme et du choc visuel confèrent immédiatement un grand pouvoir d'attraction à un faux buddy-movie qui ne tardera pas à devenir culte.