
Les Maitland vivent heureux loin de l'agitation de la ville. Leur quotidien, ils l'occupent entre leur magasin d'outillage, la décoration de leur intérieur et la fabrication de maquettes. Le reste du temps, ils s'aiment. Un jour, en voulant éviter un chien, ils se tuent en voiture. Les voilà fantômes et contraints d'assister passifs à l'envahissement de leur nid d'amour par une famille de new yorkais snobs. Incapables de les faire fuir, une solution radicale s'impose. Celle-ci a un nom à répéter trois fois : Beetlejuice.

Comme une rencontre improbable de Woodywood Pecker avec le docteur Caligari, le deuxième film de Tim Burton est un coup de maître résonnant d'un rire macabre communicatif. Sous ses attraits de comédie familiale apparemment inoffensive, le père d'Edward aux mains d'argent pervertit à grands renforts de trouvailles visuelles délirantes l'american way of life. Dans ce monde où l'enfer ressemble à une antenne du pôle emploi et où les fantômes se trémoussent sur du Harry Belafonte, Burton s'amuse comme rarement. Tout ceci est affreux, sale et méchant mais surtout, irrésistiblement drôle. A l'image de son héros éponyme animé par la folie sans limites de l'acteur Michael Keaton (Batman, Mes doubles, ma femme et moi), Tim Burton s'autorise tous les excès et toutes les contorsions. Un pied dans l'horreur, l'autre dans la farce, Beetlejuice témoigne d'un regard unique qui ne cessera par la suite de valoriser le point de vue des anormaux, des excentriques et autres bêtes curieuses.