
Japon féodal, ère Edo, Itto Ogami est le bourreau officiel du Shôgun. Cette fonction, convoitée par tous les maîtres d'armes de la cour, consiste à décapiter les suzerains condamnés pour rébellion. Elle procure le privilège d'arborer le blason du Shôgun et d'être admis à ses audiences personnelles. Retsudô Yagyû, maître d'armes assoiffé de pouvoir, compte bien récupérer pour son compte ce poste prestigieux. Un jour, Ogami est accusé à tort par Retsudô de comploter contre le Shôgun. Déchu de ses titres et condamné à se faire hara-kiri, il choisit de fuir avec son fils. Devenu tueur à gages sous le nom du "Loup à l'enfant", l'ancien bourreau du Shôgun n'a plus qu'une raison de vivre : se venger de Retsudô et prouver son innocence.

Adaptée d'un manga à succès du dessinateur Kazuo Koike, créateur entre autre du personnage de Crying Freeman, cette saga cinématographique est une évocation passionnante du Japon féodal, de son Bushido et de ses intrigues politiques. Série devenue culte auprès des cinéphiles aimant sortir des sentiers battus, la saga Baby Cart se pare de six volets spectaculaires qui resteront comme autant d'épisodes marquants, d'une réinterprétation aussi pop que décomplexée du chambara : le film de sabre japonais. Portant le genre à son paroxysme, et plus encore, en faisant avant tout place à l'action et à une violence excessivement graphique, le réalisateur Kenji Misumi signait avec Baby Cart une odyssée désespérée et sanglante, dont les influences sur le monde de la bande dessinée et du cinéma moderne sont chaque jour un peu plus évidentes. Un monument du cinéma de genre à voir et à revoir.