
Roumanie 1953, Ana et Iancu sont sur le point de se marier. Tout le village s'atèle aux préparatifs de la noce. C'est un véritable festin qui attend tous les convives. Alors que la fête bat son plein dans le jardin de la maison, le maire du village et le commandant du régiment font irruption pour annoncer la mort de Staline ainsi qu'une semaine de deuil national prenant effet sur le champ. Toutes les festivités sont interdites. Malgré l'interdiction, les mariés et leurs invités feront preuve d'ingéniosité pour poursuivre la fête...

Premier long métrage du réalisateur roumain Horatiu Malaele, plus connu en tant que metteur en scène de théâtre, Au diable Staline, vive les mariés dénonce la stupidité kafkaïenne avec laquelle le communisme a été imposé à la Roumanie dans les années 50. Pour ce faire, le cinéaste nous livre une savoureuse parabole : celle des noces d'Ana et Iancu, commencées au son de l'accordéon mais condamnées au silence puisque le camarade Staline vient de mourir. Déployant son savoureux récit avec un humour et une poésie qui ne sont pas sans rappeler le cinéma d'Emir Kusturica, Horatiu Malaele convoque ici face à sa caméra un casting totalement époustouflant de justesse. Emmenée avec énergie par les comédiens Alexandru Potocean et Meda Andrea Victor, cette distribution haute en couleur suffirait d'ailleurs, à elle seule, à dynamiter cette savoureuse fable contemporaine dont seuls les Balkans ont le secret. Une excellente surprise du cinéma roumain, alliant à merveille gravité et humour grivois pour une critique distanciée et hilarante du totalitarisme.