
Mads et Daniel sont partis comme soldats pour leur première mission dans la province d'Helmand, en Afghanistan. Leur section est positionnée à Camp Armadillo, sur la ligne de front d'Helmand, où ils vivent des combats violents contre les Talibans. Les soldats sont là pour aider les Afghans, mais à mesure que les combats s'intensifient et que les opérations sont de plus en plus effrayantes, Mads, Daniel et leurs amis deviennent de plus en plus cyniques, creusant le fossé entre eux et les afghans. Les sentiments de méfiance et de paranoïa prennent le relais, causant aliénation et désillusion. Armadillo est un voyage dans l'esprit du soldat, un film exceptionnel qui a pour thème l'histoire mythique de l'homme en guerre.

Dans un aéroport danois, des parents pleurent et des jeunes gens se réjouissent : ils partent conquérants à l'assaut de l'Afghanistan, histoire de se prouver leur virilité ou peut-être de comparer la vraie guerre à celle de leurs jeux vidéo. Les larmes, le courage : on dirait le début d'un grand film hollywoodien, mais il s'agit pourtant d'un documentaire, dont l'étrangeté même fait l'intérêt. Quatre mois durant le réalisateur Janus Metz a ainsi suivi un contingent de conscrits volontaires, pour relater leur dur apprentissage dont il révèle ici en images les principales étapes. La fascination d'abord, pour la puissance des armements ou le prestige supposé de la fonction, et l'ennui ensuite qui s'imposera peu à peu avec son cortège d'horreurs. Dynamitant à chaque plan son documentaire par une mise en scène à l'esthétisation appuyée (image saturée, montage découpé et bande-son omniprésente à l'appui), Janus Metz confère ainsi à Armadillo des airs de fiction romanesque. Une manière délicate de délivrer son accablant témoignage sur cette post-adolescence où se confondent dangereusement le réel et le virtuel, les idéaux et les peurs, les bons et les méchants. Une oeuvre polémique récompensée par la semaine de la critique à Cannes, qui pose les bonnes questions sans jamais imposer de réponses. A voir d'urgence !