
Lynn débarque chez ses parents pour le mariage de son fils aîné, Dylan. Elle est accompagnée de ses deux plus jeunes fils, Ben et Elliot. La propension de ce dernier à mélanger alcool, drogues et médicaments ne le prive pas d'une certaine lucidité sur la joie des réunions de famille. Et la réunion, de fait, est joyeuse : grands-parents réac, tantes médisantes, cousins irrémédiablement beauf. Sans compter le premier mari de Lynn qui arrive flanqué de sa nouvelle femme tyrannique. Chaque matin annonce décidément un nouveau jour de bonheur.
Une comédie sur des adultes en guerre, des ados en crise et le mariage qui les rassemble tous... pour meilleur et pour le pire.

Pour son premier long métrage, le réalisateur hollywoodien Sam Levinson explore avec finesse et intelligence les dysfonctionnements d'une famille en crise, dangereusement rassemblée à l'occasion du mariage d'un des siens. Comédie dramatique poignante auréolée du Prix du meilleur scénario au dernier Festival de Sundance, Another Happy Day dépeint ainsi sans complaisance les fêlures d'une institution américaine en pleine mutation, tout en donnant au réalisateur l'opportunité de tisser un portrait au vitriol de ses contemporains. Utilisant à ravir la mécanique du huis clos pour mieux resserrer l'action autour de la psychologie de ses personnages, Sam Levinson convoque également face à sa caméra un casting choral impressionnant. Parmi lequel les comédiens Ellen Barkin, Demi Moore, Thomas Hayden Church, Kate Bosworth et l'étonnante révélation Ezra Millern s'illustrent particulièrement, toujours au service d'un authentique jeu de massacre, aussi jouissif qu'effrayant. Un premier film franchement réussi qui confirme, entre deux fulgurances sarcastiques, le bienfondé de l'indémodable citation d'André Gide : « Famille je vous hais. »