
Roi à 20 ans, chef de guerre redoutable, Alexandre le Grand chercha à étendre son empire au-delà des limites du monde connu. Mais, trahi par ses passions et par ses hommes, celui qui voulut être l'égal des Dieux courut tant vers sa chute que vers la gloire...

Adapter la vie hors-normes d'Alexandre le Grand pour le cinéma, c'est un rêve que nourrissait le réalisateur Oliver Stone depuis près de vingt ans. Sous la forme d'une coproduction américano-européenne, ce projet fou est devenu réalité. Film indépendant dans tous les sens du terme, Alexandre est une oeuvre atypique qui dissimule habilement sous ses apparences de blockbuster épique un authentique film d'auteur. Délaissant ici ses effets visuels survoltés, quelques savants délires graphiques mis à part, Oliver Stone opte pour une réalisation résolument plus classique, mise au service d'une biographie intime du conquérant. Effectuant un aller-retour permanent entre l'oeuvre et la personnalité d'Alexandre, le cinéaste peut ainsi mieux explorer à l'écran ses propres obsessions, de la grandeur à la décadence en passant par les conspirations et la paranoïa. Réunissant face à sa caméra un casting quatre étoiles, habité par la prestation impeccable des comédiens Colin Farrell, Val Kilmer, Angelina Jolie, Jared Leto et Anthony Hopkins pour ne citer qu'eux, Oliver Stone livre le portrait aussi époustouflant que réussi d'un homme déchiré entre son père et sa mère, entre les Dieux et ses propres hommes. Une vaste fresque épique aux accents de tragédie intime, et le portrait passionnant d'un homme qui ne l'était pas moins.