
Ajami est à Jaffa, un melting-pot de cultures où s'affrontent juifs, musulmans et chrétiens. Nasri, un adolescent sensible de treize ans et son frère aîné Omar vivent dans la peur : leur famille est en danger après que leur oncle a blessé un membre important du clan. Malek, un jeune réfugié palestinien naïf travaille illégalement en Israël pour financer l'opération vitale que sa mère doit subir. Binj, un jeune Palestinien, rêve d'un brillant avenir avec sa fiancée juive. Le policier juif Dando veut à tout prix se venger de la mort de son frère...

Premier long métrage du tandem constitué des cinéastes Scandar Copti et Yaron Shani, Ajami ne peut laisser personne indifférent. Âpre, violent et profondément désespéré, ce récit à la frontière du film choral et du documentaire livre un portrait sans concession d'Israël et de son déchirement structurel. Armé d'un scénario digne des grandes tragédies, Ajami multiplie ainsi les allers-retours temporels et les points de vue pour mieux exprimer la difficulté du vivre ensemble dans un territoire où s'entremêlent en permanence l'affectif et le politique. Le tout servi par des interprètes époustouflants de naturel, Fouad Habash, Eran Naim, Shahir Kabaha et Ibrahim Frege en tête, qui expriment, sans jamais la banaliser, toute la violence régnant entre ces deux peuples. Un coup d'essai en forme de coup de maître qui révèle deux nouvelles pointures du cinéma, et fait voler en éclats les images toutes faites sur le Proche-Orient. Une réussite majeure récompensée par la Caméra d'or au Festival de Cannes 2009.