
Au milieu de nulle part, une cité ouvrière vidée de sa population depuis quelques années déjà. Pourtant, certains habitants ont décidé d'y rester, plus par choix que par nécessité, parce que c'est là qu'ils sont nés et qu'ils ont grandi. Parmi eux il y a Francis, l'ouvrier consciencieux qui continue d'entretenir la machine sur laquelle il a travaillé toute sa vie. Samir, son fils, qui revient dans le quartier après une longue absence. Mais aussi Maria, la voisine, vivant seule avec son fils José qui veut croire que son père est Gary Cooper, et qui va l'attendre tous les jours dans no man's land contemporain, qui ressemble à s'y méprendre à un décor de Western.

Avec cette première réalisation récompensée par le Grand Prix de la Semaine de la critique du Festival de Cannes 2009, le cinéaste Nassim Amaouche signe une chronique sociale aussi drôle que désenchantée. Abordant avec simplicité et poésie une multitude de thèmes pourtant épineux, Adieu Gary séduit par la justesse de ses interprètes, les comédiens Dominique Reymond, Yasmine Belmadi et l'inénarrable Jean-Pierre Bacri en tête. Des dialogues ciselés, une mise en scène virtuose, Nassim Amaouche évoque sans pathos mais avec une élégance rare le crépuscule annoncé du monde ouvrier et la vie en sursis de toute une région dans un premier long métrage onirique et sensible.