
Des millions de personnes disséminées de par le monde et déçues de la manière dont celui-ci évolue décident de s'unir. Toutes guidées par le même désir d'améliorer les choses, de ne plus subir l'actualité sans pouvoir réagir. Par le biais d'Internet, elles créent le premier Pays virtuel : 8th Wonderland. Chaque semaine, tous ses habitants votent par référendum une motion différente... Mais que se passerait-il si les motions de 8th Wonderland devenaient petit à petit plus réactionnaires ? Si sa manière d'agir se rapprochait lentement mais sûrement d'un comportement terroriste ? Un problème insoluble se poserait alors à l'ensemble des Nations. Comment combattre un pays qui n'existe pas ?

Véritable ovni dans le paysage du cinéma de genre français, 8th Wonderland est né de l'imagination fertile et des talents conjugués de deux hommes, les réalisateurs Nicolas Alberny et Jean Mach. Nous plongeant sans concession dans les coulisses d'un cyber activisme 2.0, cette fable politique aussi drôle que grinçante frappe d'entrée par sa forme audacieuse et intrigante. Celle d'un zapping géant entre télévision et Internet, qui l'affranchit efficacement du canevas par trop classique du techno-thriller aux protagonistes scotchés à leur écran. A l'heure où les possibilités d'Internet explosent littéralement, il était temps que le cinéma s'empare différemment du sujet. Et c'est enfin chose faite avec ce long métrage audacieux qui, à mi-chemin entre les facéties potaches et la violence d'Action directe, explore avec une intelligence féroce les opportunités comme les limites de l'activisme politique. Armé d'une réalisation rythmée et d'un casting injustement méconnu mais toujours convaincant, 8th Wonderland dynamite ainsi littéralement son sujet, en illustrant sans manichéisme aucun la toute puissance médiatique de notre société contemporaine, capable de tout, y compris de récupérer ses pires ennemis.