
Chengdu, aujourd'hui. L'usine 420 et sa cité ouvrière modèle disparaissent pour laisser place à un complexe d'appartements de luxe : 24 City. Trois générations, huit personnages : anciens ouvriers et nouveaux riches chinois, y hésitent entre nostalgie du socialisme pour les uns et désir de réussite pour les autres. Leur histoire est celle de la Chine.

Après avoir évoqué l'engloutissement de toute une ville dans le long métrage Still Life, le cinéaste coréen Jia Zhang-Ke met en scène un nouvel exemple de cette marche forcée vers la modernité d'une Chine de moins en moins populaire. Ancien fleuron de l'industrie du régime, le site 420, sera en effet démantelé pour laisser place à des immeubles de luxe. Et pour faire la chronique de ce monde qui s'éteint, Jia Zhang-Ke, dont les précédents films se situaient déjà à la frontière de la fiction, achève de brouiller les pistes en utilisant la forme du documentaire. En utilisant de véritables témoignages d'anciens ouvriers et habitants de la cité et des acteurs, Jia Zhang-Ke génère un superbe effet de mise en abyme qui, tantôt poétique tantôt édifiant, fait passer une vision personnelle de la Chine. Une oeuvre rare aussi forte et évocatrice qu'un documentaire.