
L'automne 1952. Une jeune médecin urologue et magnétiseur qui pratique dans un hôpital de la banlieue de Moscou cherche désespérément à tomber enceinte de son mari, un physicien désabusé qui ne survit que grâce à l'amour qui le lie à sa femme. Cette dernière est à son grand effroi appelée secrètement à soigner Staline, malade, au seuil de la mort, et qui vient de se débarrasser de son médecin personnel. Le dictateur s'insinue dans le couple et installe avec la jeune femme une relation où se mêlent confidences et manipulation. Tour à tour amical et pervers, le monstre livre son art de la terreur comme on ne l'a jamais vu.

Avec Une exécution ordinaire, l'écrivain Marc Dugain passe à la réalisation, signant un premier film particulièrement réussi. Pour cette adaptation, le romancier se concentre exclusivement sur le premier chapitre de son ouvrage éponyme, mettant en scène la Russie d'après-guerre et les derniers jours du despote Staline. Et pour habiter cette inquiétante chronique d'une tyrannie qui secoua l'Histoire, Marc Dugain convoque face à sa caméra un casting aussi séduisant qu'inattendu. En tête de celui-ci, le comédien André Dussollier méconnaissable, livre une interprétation complexe et surprenante du Tsar rouge, aux côtés de Marina Hands, Edouard Baer et l'excellent Denis Podalydès. Douceur et perversité, intelligence et folie, le Staline croqué ici est aux antipodes des portraits souvent caricaturaux de dictateurs au cinéma. Il n'en sera que plus terrifiant, tout comme ce long métrage ambivalent, à la fois grave et farfelu, romantique et politique. Une franche réussite.