
Jen aura quinze ans cette année. Depuis la disparition de son père, elle vit seule avec sa jeune mère Sarah, un peu à l'écart de Covina, petite ville d'Amérique du nord. Un jour, Ian, le demi-frère de son père, s'installe dans leur grange pour prêter main forte. Jen est fascinée par cet homme qui ne semble appartenir à rien ni à personne. Cette présence inattendue va éloigner la mère et la fille. Jen s'échappe avec Ian le temps d'une nuit violente et sauvage qui le force à s'enfuir seul dans les forêts hostiles du Nord. Commence alors une impitoyable chasse à l'homme. Pour Jen, rien ne sera jamais plus comme avant.

Oeuvre hors-normes, en permanence sur la corde raide, ce second long métrage du réalisateur François Rotger bénéficie d'une mise en scène virtuose. Inspiré de faits réels, Story of Jen s'autorise toutefois de nombreuses parenthèses oniriques pour mieux exprimer l'élégante trivialité de sa galerie de personnages à la dérive. Côté distribution, on retrouve la comédienne Marina Hands, sociétaire de la Comédie française, la jeune Laurence Leboeuf et l'icône du trash chic Tony Ward, dans une tragi-comédie humaine où s'entrechoquent avec force les symboles, les langues et les références psychanalytiques. Privilégiant et maîtrisant l'exercice de style visuel, François Rotger filme ici le no man's land américain avec une force évocatrice rare, livrant un parcours initiatique poignant, sans cesse rehaussé par la beauté des paysages.