
Il se fait appeler Monsieur Alexandre, roule en voiture de luxe, est propriétaire d'écuries, d'un journal, d'un théâtre. Sa femme est splendide, mannequin chez Chanel et le tout Paris le connaît. De nombreuses personnalités politiques et mondaines l'apprécient. Lui, c'est Stavisky, un sympathique escroc qui provoqua l'un des plus célèbres scandales politico-financiers de la IIIe République, et finit assassiné ou suicidé en 1934.

Cinéaste libre par-dessus tout, le réalisateur de L'Année dernière à Marienbad, Alain Resnais, change de registre et de style pour mettre en scène les frasques d'un célèbre escroc : Alexandre Stavisky. En reprenant une grammaire cinématographique voisine de celle qui était utilisée dans les années 30, Alain Resnais signe un portrait de l'économie libérale, miroir d'une société qui flatte et laisse des libertés, même à un escroc, jusqu'à ce qu'il dérange, à travers les frasques d'un « Capone gentleman ». Un bandit "dandy" interprété par l'acteur Jean-Paul Belmondo. Argent, pouvoir, art d'être en représentation, autant de sujets abordés dans cette fable socio-politique présentée au Festival de Cannes en 1974.