
Marco, vingt ans, voit son père Gabriel revenir dans sa vie après être resté longtemps sans nouvelles. Ce retour réveille chez lui une rancoeur enfouie. Mais c'est aussi une bouffée d'air dans son quotidien étriqué. Gabriel, c'est le monde de la nuit, c'est la fête, la vie. Celui-ci propose alors à son fils de monter un bar de nuit avec lui. Marco suit. Ensemble, ils vont rattraper le temps perdu. Reste à trouver l'argent...

Auteur de courts métrages remarqués, le réalisateur David Oelhoffen, pour son premier long, tire un beau film sur la détresse sociale et la solitude. À partir d'une histoire volontairement simple, celle d'un père et d'un fils paumés dans l'enfer du monde moderne, il réussit à toucher à l'essentiel grâce à une élégante mise en scène, dévoilant les joies et les failles de ses personnages sans aucune retenue. Des personnages interprétés par les acteurs Jacques Gamblin, extraordinaire dans ses fêlures, et Nicolas Giraud, véritable révélation de ce polar social qui prend aux tripes comme un thriller. Discours brefs, gestes et regards qui en disent long. Rien n'échappe à l'oeil indiscret de la caméra de David Oelhoffen qui aborde avec lucidité le problème des relations parents-enfants dans un film noir empreint de virilité, juste et sensible.