
1990. Dans la guerre civile qui divise le pays, le commissaire de police Brahim Llob traque les islamistes au quotidien. Devenu la cible privilégiée de ces derniers, c'est avec la peur au ventre qu'il intègre chaque matin son bureau au Commissariat Central d'Alger. Convoqué par son directeur, celui-ci l'oriente vers Ghoul Malek, un ancien potentat du régime, qui le charge avec autorité de retrouver sa fille disparue. Écrivain à ses heures, intègre, Llob mène l'enquête avec ses adjoints. Très vite, il s'aperçoit qu'il opère en terrain miné.

Dernier long métrage algérien à avoir traversé la Méditerranée, Morituri traite sans tabou de la guerre civile en Algérie durant les années 1990. Adaptation cinématographique poignante du roman de Yasmina Khadra, ce film du réalisateur Okacha Touita colle au plus près de la sanglante réalité, n'hésitant pas à utiliser de terribles images d'archives pour mieux servir son propos. Littéralement habité par ses comédiens et porté par la bande originale du musicien Rachid Taha, Morituri s'impose comme une plongée sans concession dans les arcanes les plus sombres de l'histoire Algérienne. Une oeuvre qui laissera même les plus informés, ébranlés par l'ampleur du drame.