
Chef de famille divorcé, Monsieur Beiji se traîne sur le chantier naval du port de Sète, toujours proche des siens, malgré une vie familiale chaotique. Afin d'échapper à ce sentiment d'inutilité et d'échec qui l'habite, il décide de créer sa propre affaire : un restaurant. Néanmoins, son salaire insuffisant et irrégulier est loin de lui offrir les moyens de son ambition. Ce qui ne l'empêche pas d'en rêver, et ce rêve pourrait bientôt voir le jour...

Après L'Esquive, le réalisateur Abdellatif Kechiche revient sur les écrans et livre son long métrage le plus abouti. Une chronique familiale humaniste et touchante, littéralement illuminée par la prestation de sa comédienne principale Hafsia Herzi. Film maîtrisé de bout en bout, qui ne choisit jamais entre fatalisme résigné et lueur d'espoir, La Graine et le mulet est à mi-chemin du documentaire subtil et de la fable sensible, dressant avec pudeur le portrait touchant d'une famille française d'origine maghrébine. Prix du jury au dernier Festival de Venise, récompensé par les César du Meilleur film, du Meilleur réalisateur, du Meilleur scénario original et du Meilleur espoir féminin, La Graine et le mulet est une ode à la solidarité et à la famille. Un film aussi poignant qu'enthousiasmant en forme de plaidoyer décomplexé du droit à la différence.