
Pour le septième anniversaire de sa fille, Abu Leïla ne désire qu'une chose : rentrer pour une fois de bonne heure à la maison afin de partager cette soirée en famille. Mais rien n'est moins simple pour cet ancien juge qui, alors qu'il rentrait en Palestine avec la ferme volonté d'aider son pays à sa reconstruction, a dû se reconvertir en chauffeur de taxi. Confronté à l'irrationalité et au manque d'organisation de la société palestinienne, notre juge devra entreprendre un long et pénible chemin, véritable parcours du combattant, pour finalement retrouver sa maison.

Sixième long métrage du réalisateur palestinien Rashid Masharawi, L'Anniversaire de Leila réussit à faire cohabiter fiction et documentaire sur une seule et même pellicule. Incursion au coeur de la Cisjordanie, dans la ville de Ramallah, ce film décalé brosse un portrait acerbe et drolatique de la vie quotidienne des Palestiniens, mais toujours vue à hauteur du pare-brise. Car dans la plus pure tradition hollywoodienne, allant de Martin Scorsese à Jim Jarmusch, c'est au volant d'un taxi que le cinéaste a choisi de placer son héros principal, pour mieux contempler le chaos urbain et par là même la folie du monde. L'incohérence du trafic, la circulation délirante et le tohu-bohu de cette ville sous occupation font ainsi écho à la situation palestinienne dans son ensemble pour une oeuvre majeure qui rappelle à chaque plan que tout ce grouillement humain vit un régime de terreur et une précarité de tous les instants.