
C'est au milieu des oiseaux, dans une cabane perchée sur le toit d'un immeuble abandonné, que Ghost Dog étudie un ancien texte samouraï. Ghost Dog est un tueur professionnel qui se fond dans la nuit et se glisse dans la ville. Quand son code moral est trahi par le dysfonctionnement d'une famille mafieuse qui l'emploie de temps à autre, il réagit strictement selon le code samouraï.

Huitième long métrage du réalisateur Jim Jarmusch, Ghost Dog met brillamment en scène les dernières heures d'un tueur, campé dans un total état de grâce par l'extraordinaire comédien Forest Withaker. Présenté au Festival de Cannes en 1999, cette variation hip-hop sur le thème du film noir oscille sans cesse entre drôlerie et mélancolie, déclinant toujours avec une grande finesse son thème central de la transmission. Magnifié par la bande originale du compositeur RZA, pilier du groupe Wu Tang Clan très impliqué sur le film, Ghost Dog relève ainsi avec élégance son pari improbable, celui de réunir tel un témoin entre les générations, trois figures emblématiques que tout oppose : le mafioso, le gangsta et le samouraï. Un vrai bonheur.