
La Havane, Cuba, 1979. Jeune étudiant révolutionnaire et naïf, David sort d'une peine de coeur et rencontre Diego à la terrasse d'un glacier. Artiste homosexuel, Diego l'invite chez lui et lui fait découvrir des ouvrages interdits par le régime et les étranges sculptures religieuses d'un jeune créateur. Effrayé et fasciné à la fois, David décide d'espionner ce citoyen déviant, le considérant comme un dissident du régime castriste...

Fraise et chocolat est l'oeuvre des metteurs en scène Tomas Gutierrez Alea, probablement le plus anticonformiste des cinéastes cubains, décédé en 1996, et Juan Carlos Tabio, présent pour assister le maître alors très malade. Récompensé à maintes reprises à travers le monde, le film obtient, en 1994, l'Ours d'Argent et le Prix Spécial du Jury au Festival international du film de Berlin. A Cuba, lors de sa sortie en salles, Fraise et chocolat déclenche une véritable polémique, les castristes voyant dans le sujet traité la preuve irréfutable d'une tolérance du régime. Long métrage tout aussi violent que sensible sur l'homophobie et plus généralement, le rejet de l'autre, Fraise et chocolat livre, en dépit de sa complaisance avec l'idéologie castriste, une belle leçon d'humanisme.