
A Kyushu, au sud-ouest de l'archipel japonais, la prise d'otages sanglante d'un car scolaire ne laisse pour seuls survivants que Makoto, le chauffeur du car, Kozue, une fillette, et son frère aîné Naoki. Makoto disparaît, traumatisé, tandis que les deux enfants se murent dans le silence. Deux ans après, livrés à eux-mêmes après le départ de leur mère et le décès de leur père, Kozue, Naoki et leur cousin Akihiko sont rejoints par Makoto qui est soudain réapparu et qui propose aux trois adolescents de partir en voyage avec lui dans un bus qu'il a emménagé en camping-car.

Shinji Aoyama décrit le traumatisme aigu subi par des êtres de conditions et d'âges différents et leurs tentatives de reconstruction : qu'il s'agisse d'enfants n'ayant pas encore affronté la vie ou d'un homme mûr qui doit doter son existence d'un sens nouveau, tous devront s'unir et affronter leurs démons afin d'opérer la catharsis libératrice. Cette quête de l'affranchissement passe par un voyage initiatique dans les splendides paysages de Kyushu, filmés en teintes sépia par Aoyama dans un style très apaisé et ample, limpide et précis, où les personnages et les paysages filmés en plans larges entrent en harmonie. La catastrophe initiale renvoie à la vague de crimes gratuits ayant secoué le Japon, comme les attentats au gaz sarin dans le métro de Tokyo. De même, la tentative de formation d'une nouvelle famille par des personnages devenus socialement inadaptés évoque certaines névroses de la société japonaise de l'après-guerre au sein de laquelle la tradition familiale s'est désintégrée.