
Une nuit, Caleb, un jeune fermier de l'Oklahoma, rencontre la belle Mae. Fasciné, il tente de la séduire et obtient d'elle un baiser qui devient une morsure. Ce contact va entrainer Caleb dans le monde des compagnons de Mae, des vampires sur qui le temps n'a plus de prise. Il devra désormais apprendre à tuer pour se nourrir...

Juste avant de signer un clip tout en perruques et pyrotechnie pour le groupe New Order, la réalisatrice Kathryn Bigelow (Point Break, Le Poids de l'eau, Démineurs) s'amusait à dépoussiérer avec le même sens du rythme l'imagerie du vampire au cinéma dans une fiction d'horreur au romantisme superbe. Pas de folklore gothique, de manoir poussiéreux ou de références à l'imagerie judéo-chrétienne ici, mais juste l'essence de ce qui caractérise ces âmes damnées : l'immortalité, l'horreur de la lumière du jour et le sang comme nourriture vitale. Fort de cette trinité, se dessine un récit d'initiation à la grande densité psychologique contrebalancée par des scènes de terreur mémorables. Avec une mise en scène incisive qui donne souvent à cette bande de démons perdus dans la no-man's land de l'Oklahoma de fausses allures de rock band en tournée, Aux frontières de l'aube s'offre avec délectation à des yeux avides de sensations fortes. Oeuvre de jeunesse d'une cinéaste au talent incontestable et aujourd'hui incontesté, ce film précurseur s'impose désormais comme une référence évidente dans la forme comme dans le fond pour bien des productions ultérieures du même genre. Qui a dit Twilight ?