
En vacances avec sa famille à Buzios, près de Rio de Janeiro, Filipa, 14 ans, rencontre l'amour pour la première fois. Elle doit également affronter l'angoisse de voir son père, écrivain célèbre, tromper sa mère avec une étrangère de passage dans la petite ville. D'autres secrets, délicieux ou douloureux, vont éclairer le regard qu'elle porte sur sa famille et sur elle-même.

Après le thriller Nina et la comédie O Cheiro do Ralo, le réalisateur Heitor Dhalia change une nouvelle fois de registre. Pour son troisième long métrage, le cinéaste brésilien signe un émouvant drame familial et tisse, au fil de sa réalisation envoûtante, une oeuvre sensible, toujours partagée entre chronique conjugale et cheminement initiatique adolescent. Lâcheté des adultes et fragilité des amours naissantes, la justesse de A Deriva repose pour beaucoup sur son casting, les comédiens Débora Bloch, Camilla Belle, la révélation Laura Neiva et un Vincent Cassel intense, parlant un portugais parfait. Images léchées et photographie rétro soignée, la mise en scène d'Heitor Dhalia traite des rapports familiaux avec une justesse d'autant plus crue qu'elle n'aura de cesse de contraster avec ses paysages brésiliens débordant de soleil. Ni mélodrame, ni romance à l'eau de rose, A Deriva capte avec une délicatesse infinie les tourments du coeur et de l'adolescence. Un petit bijou.