
Karl Koch, jeune allemand de 19 ans, éprouve une véritable fascination pour Hagbard Celine, le personnage principal du roman Illuminatus. Il croit déceler partout des indices d'une conspiration mondiale orchestrée par des sociétés secrètes désirant manipuler la pensée humaine. Infiltrant et piratant avec habileté les réseaux informatiques mondiaux, il attire l'attention du KGB qui en fait l'un de ses agents. Il sombre dans une spirale où se mêlent personnages louches, drogue et complot international. La clef de l'édifice : le nombre 23.

23 s'ancre dans un contexte très perturbé politiquement et idéologiquement, une réalité houleuse que Hans-Christian Schmid retranscrit habilement dans son film, en évoquant l'accident de Tchernobyl, les manifestations antinucléaires et contre l'OTAN. C'est de fait le portrait de la jeunesse allemande des années 80 qu'il s'attache à dépeindre : insoumis et poussés à la méfiance, les adolescents sont désillusionnés. Le personnage de Karl Koch illustre le paradoxe de cette génération qui ne veut plus s'en laisser compter mais sombre dans la schizophrénie à force de doute et de paranoïa suscités par des événements inquiétants qui la dépassent.